Головна > Ні дискримінації та насиллю > Prostituée trans tuée au bois de Boulogne : les associations dénoncent une “responsabilité” politique

Prostituée trans tuée au bois de Boulogne : les associations dénoncent une “responsabilité” politique

Plusieurs
centaines de travailleurs sexuels et militants LGBT ont rendu hommage à
Vanesa Campos, tuée dans la nuit du 16 au 17 août.

Par L’Obs Publié le 24 août 2018 à 20h52

Le meurtre d’une prostituée trans
la semaine dernière dans le Bois de Boulogne résulte d’une
“responsabilité politique” liée à l’adoption de la loi sur la
prostitution, ont dénoncé des associations, lors d’un rassemblement en
son hommage.

Roses blanches à la main, plusieurs centaines de travailleurs sexuels
et militants LGBT ont défilé depuis la Porte Dauphine, à l’ouest de
Paris, jusqu’à l’endroit où Vanesa Campos, une travailleuse du sexe de
36 ans d’origine péruvienne, a été tuée par plusieurs hommes dans la
nuit du 16 au 17 août.  Ses agresseurs, toujours en fuite, l’ont blessé
mortellement alors qu’elle tentait de les empêcher de dépouiller un
client.Une prostituée tuée au bois de Boulogne : “Un meurtre transphobe, putophobe et raciste”

“Trans assassinée, État complice!”, a scandé le cortège, qui a défilé
derrière les pancartes “Justice pour Vanesa” ou “Arrêtez nos
agresseurs, pas nos clients”. “Vanesa était une meneuse dans le combat”
contre ces bandes qui sévissent “depuis trois ans” dans le Bois, a
expliqué son “amie et collègue” Romina, une femme trans originaire
d’Équateur.

Les organisations présentes, dont l’association de défense des
personnes trans Acceptess-T, ont répété leur demande d’abrogation de la
loi sur la prostitution adoptée en avril 2016, qui a notamment introduit
la pénalisation des clients, désormais passibles d’une amende de 1.500
euros et 3.750 euros en cas de récidive.

Cette mesure a, selon elles, fait baisser les revenus des prostituées
et les a obligées à exercer dans des endroits plus isolés, à l’écart de
la police, où elles sont davantage exposées aux agressions. “La loi est
à 100% responsable de la mort de Vanesa”, a affirmé Giovanna Rincon,
directrice d’Acceptess-T, organisatrice du rassemblement, demandant “de
vraies mesures contre la transphobie”.

“On a l’impression que nos vies ne comptent pas”

L’absence de réaction au sein du gouvernement, notamment de la
secrétaire d’État à l’Égalité, Marlène Schiappa, a également été
dénoncée. “On a l’impression que nos vies ne comptent pas”, a déploré
Thierry Schaffauser, porte-parole du Strass (Syndicat du travail
sexuel). “Si un gay du Marais avait été agressé, il y aurait eu une
réaction”, a-t-il assuré.

“La prostitution est du viol et de l’esclavage”, a estimé dans un
communiqué le Mouvement du Nid, qui soutient la loi. “Le nier, c’est
faciliter le passage à l’acte, c’est banaliser le meurtre de Vanesa et
de toutes les autres”, ajoute l’association.

Après le meurtre d’une prostituée trans, des associations dénoncent la “responsabilité politique”

Source

Please follow and like us: